BORD ou je m'arrête / APPUI ou je me pose pour être juste / SORTIE quand je m'efface
- 11 août
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 sept.

Tenir le miroir, transmettre sans s’épuiser
Le soir, la salle est vide et pourtant elle continue de parler. Les chaises gardent l’écho des décisions, les murs celui des non-dits qui n’ont pas encore trouvé une forme. C’est souvent là que se joue la suite : comment tenir le miroir demain, après-demain, sans le confondre avec soi.
Transmettre, ce n’est pas diffuser des outils : c’est installer des gestes que le système peut garder sans toi — et que tu peux porter sans te trahir. Cette partie parle de bord (savoir où tu t’arrêtes), d’appui (où tu te poses pour rester juste), et de sortie (quand t’effacer).
Le bord : où tu t’arrêtes
Un coach sans bord devient sauveur fatigué ; un bord trop dur devient jugement. Le bord juste dit : “Je porte le cadre et la méthode, pas vos choix. Je peux arrêter la scène si la sécurité flanche, je ne peux pas choisir à votre place.” Tu n’as pas à être le héros ; tu es le garde-fou qui permet au système d’essayer sans se casser.
Pourquoi ça marche Parce que la responsabilité reste là où elle doit être : dans le système. Le bord rend possible la liberté (on choisit) et la réversibilité (on peut revenir en arrière).
Objection fréquente — “Si je m’arrête, ils vont dire que je n’aide pas.” — Tu aides en protégeant la scène, pas en prenant la place. Un système qu’on porte à bout de bras n’apprend pas.
L’appui : où tu te poses pour rester juste
Trois appuis simples, :
Cadre : objectif, rôles, règles, droit au retrait — écrit quelque part.
Pairs / supervision : un endroit où ta résonance devient donnée plutôt que dérapage.
Corps / rituels : boire, marcher, respirer, arrêter. Le corps est ton premier indicateur de saturation.
Scène courte. En sortie de séance, ton front bat trop vite. Tu écris : “J’ai voulu convaincre quand X a ironisé.” En supervision, ça devient utile : “Quand quelqu’un ironise, j’ai envie de prouver. Hypothèse : l’ombre ‘Sois Parfait’ se réveille chez moi.” Résultat potentiel : Tu ne t’en veux plus --> tu apprends.
La sortie : comment t’effacer sans abandonner
La plus belle sortie est annoncée. “Dans trois rencontres, c’est vous qui tiendrez le rituel et la mesure. J’interviendrai seulement si…” (définir le filet). T’éclipser, ce n’est pas disparaître ; c’est rendre les clés et rester joignable par règles, pas par réflexes.
Pourquoi ça marche Parce que la dépendance fait gagner des victoires spectaculaires et des systèmes fragiles. L’autonomie produit des gestes ordinaires et durables.
Le reflexe c'est qui devient dépendant de qui le coach ou le client ?
Les quatre questions qui te ramènent au centre
À qui appartient ce problème ? (si la réponse est “à moi”, tu as glissé)
Qu’est-ce que la caméra verrait ? (un fait, pas une histoire)
Quelle est la plus petite expérience possible ? (si tu hésites, c’est trop gros)
Qu’est-ce que je suis prêt·e à arrêter maintenant ? (protéger ta clarté)
Encadré pratique — “Contrat minute, version soi”
Mon rôle : cadre + méthode + miroir.
Je ne fais pas : choisir, sauver, convaincre.
Je m’autorise : arrêter une scène si sécurité < 5/10 ; demander un temps de pause ; renvoyer en supervision/RH si le sujet l’exige.
Quand le miroir te renvoie… toi
Parfois, la scène appuie exactement là où ça fait bruit. Un driver qui résonne, une ancienne loyauté. Ce n’est pas un échec, c’est une boussole. Tu notes trois lignes après la séance : Fait (caméra) / Ce que ça touche (en moi) / Ce que j’en fais (demande, supervision, pause). Ainsi, ta subjectivité devient outil — pas un brouillage.
Objection — “Parler de moi va centrer l’attention sur moi.” — Non, si tu parles en service de la scène : “Je remarque que j’ai envie de convaincre ; je reviens aux faits.” Tu nommes, tu restitues au système.
extrait d'écriture de l'ombre ...


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